Chers lecteurs, ceux parmi vous qui me suivent sur Instagram ont peut-être vu passer mes stories sur le projet d’adaption en BD de “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études”.

Il serait en fait plus juste de parler d’adaptation en livre illustré avec des éléments de BD, car réaliser une véritable BD serait une gageure pour l’adaptation d’un livre pratique qui, par définition, n’a pas d’histoire avec un héros et des méchants 🙂 .

Mon éditeur et moi avons sélectionnés 3 dessinateurs pour réaliser cette adaptation, et nous leur avons confié l’illustration de ce passage du 1er chapitre du livre :

L’histoire de Caroline et de millions d’autres : du carrosse à la citrouille

 

« 33 % de tous de nos regrets proviennent de décisions que nous avons prises
à propos de notre éducation. »

Kathryn Schulz

 

« Et après cinq ans d’études – dont deux de prépa – et plus de 15 000 euros dépensés que j’ai dû emprunter, j’ai eu mon diplôme. Un beau bac + 5 en commerce, obtenu de haute lutte et qui, je le pensais, allait m’ouvrir beaucoup de portes. J’étais heureuse, c’était l’accomplissement d’un rêve.

 

Un an plus tard, je devais me rendre à l’évidence : les seules portes qui se sont ouvertes, c’était celles d’une grande enseigne de la distribution qui m’a embauchée comme hôtesse de caisse à mi-temps, pour un SMIC horaire. Ils voulaient tester ma capacité de travail, et après quatre mois je suis passée vendeuse en rayon, ce qui, dans les bons mois, me permet de gagner 1 500 euros brut.

 

On m’a promis des évolutions et j’ai voulu passer chef de vente de mon département parce que le management m’intéressait. Mon chef m’a promis un bilan et une évaluation pour déterminer cette évolution mais il a été muté quelques semaines avant ce bilan.

 

Évidemment, le directeur du magasin n’était pas au courant de ma demande et m’a déclaré ne m’avoir rien promis, ce qui m’a quelque peu découragée. Et comme j’ai un nouveau responsable chaque année, je dois chaque fois tout reprendre de zéro. Résultat, après six ans, j’en suis toujours au même point. »

 

Caroline me gratifia d’un sourire mi-désabusé, mi-résigné tout en levant sa tasse de thé et conclut :

 

« Et bien sûr, je ne parle même pas de ce que j’ai utilisé de toutes les connaissances dont je me suis bourré le crâne pendant cinq ans. C’est proche de zéro. »

 

Je ne pouvais que compatir. C’était une des énièmes histoires que j’entendais d’études géniales suivies avec sérieux qui s’avéraient davantage être des citrouilles que des carrosses.

 

C’est toujours la même chose : elles sont censées ouvrir des portes et garantir un certain niveau de salaire, et donner une solide base de connaissances prête à être exploitée dans le futur métier. Dans la réalité, les portes restent parfois obstinément fermées, le salaire bas et les connaissances s’oublient en quelques mois à force de prendre la poussière dans un coin du cerveau.

 

Par ailleurs, les dettes contractées pour réaliser des études ainsi que le temps passé à s’y consacrer plutôt que de travailler peuvent coûter très cher en elles-mêmes par rapport à des études moins longues et un travail obtenu plus rapidement – même s’il est vrai que vous pouvez espérer un salaire un peu meilleur après des études longues.

 

Pourtant, en s’inscrivant dans cette école de commerce classée douzième en France[1] – un bon compromis entre réputation et coût du cursus – Caroline pensait mettre tous les atouts de son côté pour assurer son avenir professionnel.

 

Peut-être que Caroline est un cas isolé. Peut-être que Caroline aurait pu faire preuve de davantage d’initiative, ou de débrouillardise, peut-être aurait-elle pu envoyer plus de candidatures, ou faire davantage jouer ses relations, ou créer un buzz sur Internet avec une photo d’elle et d’un phoque en bikini sur la banquise…

 

Peut-être. Mais non, son cas est loin d’être isolé.

 

Jugez plutôt : d’après une étude de l’APEC parue en 2014 sur la promotion sortante de 2012, un peu moins de la moitié des jeunes diplômés Bac + 4 ont trouvé un emploi qu’ils estiment correspondre à leur qualification un an après l’obtention de leur diplôme et près d’un tiers d’entre eux sont toujours en recherche[2] !

 

Caroline n’est qu’un exemple parmi des millions d’autres dans le monde d’une génération nouvelle à qui on a promis la lune à condition de ne pas déroger à la sacro-sainte règle « Passe ton bac et va aussi loin que tu peux dans les études ».

 

[1]  Classement 2012 du magazine L’étudiant.

[2] L’étude de 2018 pour la promotion de 2016 montre une amélioration, mais c’est tout de même un quart des jeunes employés qui indiquent avoir un boulot alimentaire.

La consigne donnée était d’interpréter librement ce passage en bande dessinée.

Un auteur (Cyril) a suivi scrupuleusement cette consigne, tandis que les 2 autres illustratrices (Astrid et Vainui), après discussion avec l’équipe de Leduc, sont plutôt parties sur l’idée de créer des illustrations pour un livre illustré, car l’adaptation de Tout le monde entièrement en BD leur a paru peu crédible.

Et après que j’ai discuté avec l’équipe de Leduc, il me semble qu’elles ont raison.

Mais Cyril ayant bien suivi les consignes de départ, je vous demande, chers lecteurs éclairés, de ne juger les auteurs qu’à l’aune des questions que je pose un peu plus bas dans le sondage 🙂 .

Pour info, la personne qui sera choisie pour illustrer le livre sera un auteur à part entière, ce qui implique 1) qu’elle fera de nombreuses interprétations à sa manière de différents passages du livre (en collaboration avec moi tout de même 😉 ) et 2) qu’elle touchera la moitié des droits d’auteur.

Afin d’aider l’équipe des Editions Leduc et moi-même à les départager, je vous propose de voir leur contribution et de voter sur un certain nombre de critères dans le sondage ci-dessous 🙂

Les illustrateurs sont présentés par ordre d’arrivée de leurs dessins.

1: Cyril (a suivi à la lettre la consigne de faire une adaptation en BD du passage)

2 : Astrid (a créé une “illustration en BD” destinée à être complémentée par du texte tiré du passage)

 

3 : Vainui (a créée des illustrations au texte)

 

Alors, quel auteur dois-je choisir ? A vous de me donner votre avis dans le sondage ci-dessous :

Quel(le) illustrateur/trice a la meilleure qualité de dessin d'après toi ?

Quelles illustrations t'ont semblé le mieux mettre en valeur le texte initial ?

Y a t-il un auteur dont tu as apprécié particulièrement l'humour ?

Quel auteur a le meilleur sens de la "mise en scène" d'après toi ?

Au final, quel auteur choisirais-tu parmi ces 3 pour réaliser l'adaptation illustrée de "Tout le monde n'a pas eu la chance de rater ses études" ?

Attention, l’espace commentaire ci-dessous vous est ouvert pour toute discussion supplémentaire, mais je m’appuierai avant tout sur les résultats du sondage, donc merci de le compléter d’abord si vous voulez commenter 🙂 .